Joyau bleu-vert lézardant à 2227 mètres d’altitude, le Lac de Sainte-Marguerite est une des haltes les plus merveilleuses des Hautes-Alpes. Rencontre avec cette étendue, en 6 ressentis.

Cette ligne droite paraît éternelle. On souffle. Le chemin file à toute vitesse. Et nous, on ralentit. Le rectiligne repose. Pourtant, ce sentier n’a pas toujours été aussi horizontal. En amont, les montées, les pentes et les virages ont rivalisé d’imagination pour faire l’éloge du « Après l’effort, le réconfort« . La vue idyllique, est porteuse de promesse. On la savoure avec respect.

Petit pont et rondins. Au fil des chemins, vous croiserez la mélodie du Torrent de l’Eyssalette. Un clapotis intense, aux échos magiques, sur lesquels un pont non pas musical, mais bien paysager, ne souffrira d’aucune dénotation pour enjamber la petite rivière. Un pont d’or vers le bonheur.

Face à la (petite) mer intérieure. Un lac, qu’est ce donc d’autres au final qu’une petite mer bordée d’une île continentale ? Le petit repos fait escale de quai d’eau douce. Le lieu ne manque pas de sel, si on se place seulement dans la beauté de cette expression française. Car la douceur prime. Prime car l’effort, je le répète, fut modéré mais présent. Venir ici ne s’improvise pas. Il se mérite.

Bords eaux charnels. Il ne s’agit pas de la capitale de la Gironde mais bien d’un jeu de mot un peu facile, j’en conviens, pour mettre sur le dos de l’eau, l’ô combien immense émotion qu’est la liberté. S’imaginer des traits d’esprits qui valent ce qui valent, des petites criques rien qu’à soi, des contemplations inoubliables, des pensées qui vous font ressentir pleinement vivant.

Epines à la plonge. Au delà du lac, tant de conifères semblent vouloir se précipiter, insolents, vers un plongeoir imaginaire. Ils semblent déferler, avec leurs verts sapins, vers Marguerite. Seul hic, ils sont tous retenus par leurs racines, et ne pourront goûter à ces eaux, le jour où ils seront déracinés de là haut. Leur ultime gagne « pin » ! Le cycle de la vie.

Perspectives. Ce qui est assez fou en montagne, c’est ce sentiment que le paysage nous appartient. Que d’un trait, on pourrait se rendre au loin, alors que ça va prendre du temps, beaucoup de temps. La perspective est magique car elle rapproche et éloigne à la fois d’un objectif final. Elle apprend l’humilité. Elle permet de se recentrer. Bref, elle forge en vous ce goût de la résilience et du « jamais rien n’est acquis« .

Note importante : Cet itinéraire est partagé à titre d’inspiration. Les visuels ont été pris au mois de juin, période à laquelle le sentier est généralement accessible. Avant de vous lancer, consultez les topos-guides officiels, les offices de tourisme et restez sur les sentiers balisés. Soyez prudents et respectez l’environnement.

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