Nouveau papier atmosphérique entre Embrun et Châteauroux les Alpes, d’une digue placide aux pilotis des berges, qu’est ce qu’on peut ressentir en ces terres, lorsque le printemps tambourine en douceur ? Bribes de réponses à capturer en vol.

L’OR BLANC DES ORRES. Au bord de la Durance, la première sensation ultime est celle de la contemplation. J’irai même plus loin, la divagation. Ici bas, on compte les heures avant que les nappages nacrées de la station des Orres au loin, finissent par rejoindre l’éternité.

LE CHALLENGE. Face à ce décor, l’expression « pour votre santé, bougez plus » peut prendre quelques congés. Ici, on respire, on va de l’avant, on ne se retourne pas. Dans l’Embrunais, l’avancée se fait sans s’en rendre compte, car le saisons avancent tranquillement, et donne le là aux petits efforts qui en deviennent plaisants.

LE RECONFORT. Après l’effort… je suis toujours aussi admiratif des petites façades colorées qui émanent de Châteauroux les Alpes, bastion voisin, dans lequel on peut imaginer mille vies. Les tartes aux myrtilles fumantes qui sortent du four, les petites tablées humbles des soirs d’hiver, les potages, les rires, les vues de la fenêtre.

LE BAIN DE SOLEIL. La nature est bien faite. En ce mois d’avril, le soleil carillonne sur les devantures pastels. L’Epicerie des Lys, tenu par la jeunesse, nous rappelle que rien n’est perdue. Il suffit d’y croire, de penser positif, même si les ombres planent. De la Vitamine D à même les ruelles, alors que les rares flâneurs de dix heures rejoignent leur routine éternelle.

LE CHEMINEMENT. On se prend à cheminer. Non pas comme celle qui trône dans les salons anciens. Je parle bien du verbe qui consiste à mesurer chaque pas, et à ralentir le rythme. Réfléchir intérieurement. Quel beau pléonasme. Considérer que les sentiers aménagés sont aussi propices à méditer. Balader avec un grand B, loin du tumulte.

REVIGORER. Les petits pique-niques ouvrent aux grands discussions. C’est dans ce cadre magique que bien des tomates cerise, des tranches de saucissons de pays, des baies du coin, ont été dégustés, décennie après décennie. L’estomac est le deuxième cerveau. Il est gâté ici.


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