Plongeons aujourd’hui dans un entretien doux et coloré, empreint de slow tourisme et de fibre artistique au coeur de la Haute-Savoie. Crayonnons quelques lignes sur un univers créatif de haut vol : l’illustration touristique, en compagnie de Cindy Tardiou, 31 printemps, graphiste-illustratrice indépendante en Haute-Savoie depuis 2022.
Bonjour Cindy, quel est le décor alpin qui t’inspire le plus dans tes créations ?
Les montagnes autour d’Annecy bercent mon quotidien. J’aime aussi arpenter la Chaîne des Aravis, qui revêt une dimension plus abrupte et vertigineuse. Dans mes affiches touristiques, l’idée est de permettre aux voyageurs et locaux de reconnaître la montagne en question, mais de façon romantisée. En ce moment, la Tournette est l’un des sommets les plus inspirants. C’est d’ailleurs rare d’avoir des horizons plats dans mes créations.
Avant de te lancer dans une illustration d’une carte postale ou d’une affiche touristique, quels sont les petits secrets d’une bonne préparation ?
Quand je fais une randonnée ou une balade, j’aime bien débusquer des belvédères et des panoramas, en faisant un maximum de photos. Je les ramène chez moi pour en faire un moodboard*, et je commence ma création en numérique. Par exemple pour le Chinaillon, j’aime bien multiplier les perspectives pour en créer une unique, avec un maximum de détails.
*Collage visuel / Répertoire numérique ou papier qui sert de référence auprès du grand public ou des prospects
Comment faire ressentir de l’émotion à travers le dessin ? Il me semble avoir aperçu un brin de surréalisme et de symbolisme dans tes créations…
Les couleurs vont être des ingrédients essentiels pour véhiculer des émotions. Et même en allant plus loin, c’est la palette et les harmonies entre elles qui peuvent apporter une certaine… féerie. La luminosité est également un maillon essentiel pour apporter une touche surréaliste aux atmosphères dépeintes dans mes créations. Pour apporter une âme dans une affiche, je peux imaginer des personnages et les dessiner comme une petite mise en scène, afin de tisser une histoire dans l’illustration.
Quels sentiments te traversent l’esprit quand tu crées une illustration où on te laisse « carte blanche » ?
Une certaine liberté car on peut garder intact notre style graphique. On est encore plus confiant car le client vient parce qu’il est à l’aise avec notre touche artistique.
C’est pas forcément plus facile de n’avoir que les grandes lignes, mais c’est très stimulant.

Quel est l’avantage « inavouable » à pratiquer ton métier du côté de la Haute-Savoie ?
L’avantage du bassin annécien et des alentours repose sur son univers touristique. Les voyageurs sont d’autant plus contents que les affiches soient « faits main » avec une créativité artisanale et humaine.
Les locaux apprécient aussi avoir des illustrations de la région. Certains peuvent même être assez admiratifs compte tenu de l’émergence de l’intelligence artificielle.
L’intelligence artificielle ne va-t-elle pas paradoxalement permettre aux illustrateurs de trouver une valeur renforcée, basée davantage sur le « Made In Humain », un peu comme le fameux « Made In France » ?
Les voyageurs et les locaux sensibles à l’art et l’artisanat, continuent et continueront à nous soutenir. L’authenticité, la façon de transmettre les émotions, l’originalité sont de véritables valeurs ajoutées du « Made In Humain ».
Quand on rédige avec IA, c’est pareil, ça peut manquer de saveur… C’est un outil et non une finalité en soi 😉
Si tu devais donner un conseil à la jeune génération d’artiste-illustrateurs, quel point il ne faut surtout pas sous-estimer avant de se lancer en 2026 ?
Le manque de confiance en soi et ce fameux syndrome de l’imposteur. Bien souvent, on peut avoir tendance à cogiter et se dire : « je ne suis pas légitime« , « si je me compare à… je fais moins bien« .
C’est souvent biaisé et une façon de « reculer pour mieux sauter ».
Il faut essayer de pratiquer, pratiquer, pratiquer, ne pas avoir peur d’abandonner des croquis, faire des erreurs, sortir des sentiers battus et trouver réellement ce qui nous motive.
Quand on dessine ou on fait de l’art, c’est surtout le processus qui me paraît important, pas forcément la finalité ou la reconnaissance absolue.
Merci à Cindy pour le temps accordé. Retrouvez son Instagram ici.
L’Alpin Malin, le guide du « Mieux voyager, consommer et vivre dans nos vallées »…

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