La recette secrète d’une randonnée réussie, avec Lisa Louviot, accompagnatrice en moyenne montagne dans les Hautes-Alpes

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Quelle émotion te vient à l’esprit quand tu pars randonner sur les cimes ?

Un sentiment de liberté et de reconnexion à la nature. J’ai beau refaire parfois les mêmes sentiers, on redécouvre toujours les paysages différemment. Dans un monde où tout va à mille à l’heure, les décors remettent les pendules à l’heure. 🙂

Quels sont les 3 atouts à avoir dans son sac à dos, pour devenir accompagnatrice en moyenne montagne en 2026 ?

Il faut aimer être dehors, dans la nature. J’avais au début un peu le syndrome de l’imposteur, n’étant pas issue du monde de la montagne, et n’étant pas naturaliste. Malgré tout, on apprend plein de choses sur le terrain et quand on se forme, on prend confiance et on peut se lancer.

Deuxième atout dans la besace ? Aimer l’Humain avec un grand H et être sociable ! (Rires)

Les voyageurs ont toutes leurs places en montagne, à partir du moment où ils respectent les écosystèmes. Nous sommes sur des zones fragiles et non des terrains de jeu.

Il y a aussi l’aspect pédagogie. Expliquer le « pourquoi ? ». Par exemple : Observer les marmottes et non les nourrir ni les caresser sous prétexte qu’elles sont davantage habitués aux humains, par exemple. 🙂

Le petit bonus : être bon en orientation ! C’est d’ailleurs l’une des premières étapes du probatoire pour entrer en formation.

Crédits photo : lisa louviot

Parmi les attentes qu’ont les touristes, on retrouve le désir de ralentir et se déconnecter, comment tu fais pour mener à bien cette mission, ô combien essentielle dans un monde de plus en plus épileptique ?

Tout se fait naturellement. Je n’ai pas à leur forcer la main (rires). J’essaie de les détacher de la notion de performance et de temps. Nous sommes juste là pour profiter, et être bienveillants les uns avec les autres.

Dans une randonnée en groupe, le rythme de chacun doit être préservé au maximum, en s’adaptant aux autres.

On a la sensation que les gens ont parfois perdu ce réflexe de « prendre le temps » et qu’ils ne savent même plus comment s’y prendre…

Les touristes qui viennent des grandes métropoles ont une vie à cent à l’heure. Il y a une démarche de leur part et une prise de conscience de vouloir randonner. C’est déjà un premier pas. Et ce premier pas est essentiel pour atteindre le deuxième : la déconnexion.

D’ailleurs, si tu devais nous dévoiler la recette secrète d’une randonnée réussie, en 3 mots… ce serait…

Déjà bien se renseigner en amont et savoir si elle est adaptée à son niveau.

Côté équipements : Toujours prendre de l’eau, à manger, le matériel nécessaire, et bien SE COUVRIR malgré le beau temps. Les orages sont présents. Quand on est débutant, les offices de tourisme sont une bonne ressource ou on peut également faire appel au bureau des accompagnateurs en montagne.

Petite astuce : jamais sous-estimer une rando ! Mieux vaut une randonnée un peu trop facile pour soi au début que trop difficile… quitte à monter crescendo sur plusieurs jours. 🙂

Si tu devais choisir 4 jours dans l’année pour explorer les montagnes, tu choisirais lesquels ?

Le 25 octobre pour voir les mélèzes en feu, c’est la fenêtre idéale, dans le Queyras vers Ristolas.

Les mélèzes en feu, en automne, dans le queyras. Crédits photo : l’Alpin Malin

Le 12 février pour une belle randonnée sous la neige, dans la Vallée de la Clarée.

Le 10 mai pour contempler la flore en éveil, vers Réallon.

La nuit du 13 août, pour contempler les étoiles filantes, les fameuses perséides, en Haute-Ubaye par exemple, ou au gré des multiples lieux autour des refuges alpins.

La question paradoxe du jour est tombée : peut-on faire du trail (une de tes activités) tout en contemplant les paysages ?

Je pense que c’est compatible. Dans la course, on ressent de la liberté, il y a peu de matériel à l’origine, une paire de baskets correcte. Tu es ancré au sol. Cette liberté prend une autre dimension en sachant faire des pauses. C’est tout le défi : entrecouper la course de parenthèses enchantées. J’ai beaucoup couru et cette contemplation est essentielle pour savourer toutes les vertus de ce sport.

Merci à Lisa Louviot pour l’entretien. Retrouvez ces aventures sur Run & White et sa page Instagram.

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Grégory, dénicheur de pépites alpines à contre-courant. Avec L'Alpin Malin, je vous emmène explorer une montagne plus douce, entre escales gourmandes et excursions hors saison. Ici, on prend le temps de savourer chaque terroir et chaque rencontre. Prêts pour une aventure apaisante ?
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